Canard Mécanique

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Je suis une merde

Ne vous y méprenez pas, j'ai un orgueil démesuré (comme ma bite) et une estime de moi à l'épreuve des balles. Mais il faut bien avouer qu'objectivement, je suis une vraie merde.

Fil des billets - Fil des commentaires

vendredi 5 février 2010

Schizophrénie

Quelquefois je rentre le soir et elle est crevée, sur les nerfs, elle se décharge sur moi et les enfants de cette tension accumulée, elle n'en peut plus, elle en a marre, tout ça ne nous fait pas du bien. Je ne dis pas grand chose, j'acquiesce, je fais le dos rond et j'attends que le calme soit revenu, je pense à un autre espace-temps où je caressais une peau douce.

Quelquefois je rentre et elle est de bonne humeur, m'accueille avec le sourire et je souris aussi, je suis content de la voir comme ça, de retrouver les enfants qui courent vers moi, je les attrape, les prends dans mes bras, elle me raconte sa journée, je l'écoute et je ne dis pas grand chose non plus, moi, la routine, et puis c'est compliqué, pas très intéressant. Et quand le soir vient je pense à une autre, comment je la prendrais contre moi pour respirer ses cheveux, comment je glisserais ma main entre ses cuisses.

La maman et la putain, deux femmes différentes, ce n'est pas comme ça que je voyais les choses, ce n'est pas grave, je prends quand même. Ca ne durera pas, mais pour l'instant je suis bien, ça me donne même envie de faire des choses, et pas uniquement sexuelles, c'est dire si je suis comblé.

mercredi 27 janvier 2010

Cher bébé,

Je t'aime d'un amour infini comme le ciel pur étoilé du fond de la prunelle de tes yeux.

Sauf la nuit. La nuit, je te préfère mon oreiller, que je serre fort dans mes bras et sur lequel je bave en ronflant. La nuit, la seule interruption de mon sommeil que je trouve acceptable serait la bouche de ta mère à un endroit dont tu n'as pas même pas encore conscience de l'existence. Ce qui n'arrive bien sûr que dans mes rêves. Alors la nuit, tais toi et dors.

Cordialement,

Papa.

mardi 5 janvier 2010

Décennie. 2000-2001

Juste parce que je trouve excellente l'idée de Chulie de faire un bilan décennal (2000-2001, 2002-2003, 2004-2005, 2006-2007, 2008, 2009+), alors voilà, vite fait, le bilan qui est possible ici, et je dois avouer que les zones d'ombre sont sans doute aussi tout simplement de l'oubli, merde, le temps passe vite, encore quelques décennies et je ne serai que cendres à oublier...

2000

Je vis depuis deux ans déjà avec celle qui n'est pas encore Madame, dans un deux pièces de location avec un bail commun. C'est la première fois que mon nom apparait officiellement sur un bail, en fait. Elle a déjà des coups de blues chroniques, pas vraiment confiance en soi et au lit ce n'est déjà plus la fête des débuts, mais je me dis que ça passera, avec le temps et mon amour. Je lui fais à manger ou je vais nous chercher des pizzas et des séries B de location (en cassette).

Je suis en train d'abandonner mes études universitaires où je me suis longtemps exercé à ne pas briller, et c'est un euphémisme. Je me rassure en me disant que c'est la faute de mes jobs alimentaires à plein temps. Heureusement elle a pour moi les ambitions que je n'ai pas, et me trouve une formation en alternance dans l'informatique, où je bidouille déjà en amateur. Je passe le concours in extremis, je décroche une des quelques places disponibles, je démissionne et nous vivrons essentiellement sur son salaire de pionne pendant un an.

Je suis embauché dans une boite jeune, coool fun, j'apprends le métier en open space et je m'éclate en cours. En venant me chercher un soir à la sortie du boulot, elle regarde les annonces d'une agence immobilière et nous trouve un deux pièces pas trop cher que nous achetons avec des sous qu'on nous prête (oui oui).

2001

Nous commençons l'année dans les travaux, on passe un mois à refaire l'appart le soir après le boulot avant de rentrer dans l'ancien. On emménage, on y est fauchés mais bien.

Un soir je la demande en mariage au restaurant, parce que je sais qu'elle en a envie et qu'un statut plus stable calmera peut être ses angoisses récurrentes. Nous décidons dans la foulée de faire un enfant, parce que je sais que si ce n'est pas avec elle ce ne sera avec personne. On se marie pendant l'été en petit comité, peu de famille, un peu plus d'amis.

Elle tombe enceinte puis perd le bébé trois mois plus tard, elle est dévastée. Un soir je force la porte la salle de bains pour l'empêcher de faire une connerie.

La bulle internet éclate, je termine ma formation et plus personne n'embauche. Je passe quelques semaines entre chomage et jobs alimentaires puis je trouve un poste en CDD, mal payé, mais qui me permettra de me faire la main en douceur.

jeudi 3 décembre 2009

Mari indigne fait le point

La vérité de la Loute m'interpelle : à quel point suis-je un immonde suppot du patriarcat ?

En exclu, mes estimations tout à fait partiales et subjectives des taches ménagères à la maison
corvée Monsieur Madame
Santé des enfants 0% 100%
Les bains, les repas 50% 50%
Achat de fringues 0% 100%
Linge (machines, rangement) 40% 60%
Poussière, aspi, serpillère 20% 80%
Courses, descendre les poubelles 70% 30%
Preparer, amener à l'ecole, chez la nounou 100% 0%
Recuperation le soir, devoirs 5% 95%
Activités periscolaires, mercredis 0% 100%
Impôts, sécu, taches administratives 0% 100%
Bricolage 10% 90%
Baby-sitting pendant que l'autre sort 100% 0%
Se lever la nuit pour les bibs 50% 50%
Maintenir à flot l'activité sexuelle du couple 100% 0%
Subir la dépression de l'autre et fermer sa gueule 90% 10%

mardi 3 novembre 2009

Prendre un briquet

Sur le présentoir. Choisir le violet bien planqué au fond (parce que jaune ça fait cocu). Demander un paquet de Camel. Se sentir con. Payer. Sortir du bureau de tabac, déshabiller le paquet de son film plastique si sexy, l'ouvrir délicatement, arracher son alu de petite salope, sortir la tige et la prendre entre mes lèvres. Frotter la roulette en regardant la braise prendre.

Inspirer. Tousser. Sentir ses poumons lutter pour rejeter cette saloperie. Reprendre une taffe, les contenir pour la garder. Une troisième. Tousser encore. Sentir sa tête tourner, déjà. Marcher au ralenti (sensation inhabituelle). S'arrêter devant le boulot pour prendre encore quelques taffes. L'écraser avant la fin. Arriver en puant la clope.

La classe.

jeudi 15 octobre 2009

Bref etat des lieux

Bureau
Plus d'une semaine passée entre glande et échanges de courriels surréalistes avec un fournisseur qui nous facture une fortune pour un service à peu près négatif, pire que ce qu'on pourrait avoir pour cent fois moins cher (et je ne plaisante même pas). Mais comme nous ne pouvons pas en changer, nous n'avons aucun moyen de pression et ils s'en battent les couilles.
Compte en banque
Je préfère ne pas regarder.
Cuisine
J'ai testé les accras de morue surgelés Leader Price et comme je n'avais pas confiance je les ai décongelés au micro-ondes avant de les faire cuire. J'ai obtenu une sorte de purée fade avec des arêtes.
Salon
L'ambiance est plutôt bonne, conjonction favorable sans doute de l'absence de syndrome prémenstruel , d'un répit dans sa charge de travail et d'un effort accru de ma part dans les tâches ménagères. Sauf ces derniers jours, je m'écroule comme une merde dès que les enfants sont couchés.
Lit
On baise pas. Je ne fais plus aucune sollicitation sexuelle explicite, seulement une vanne désabusée de temps à autre. La dernière fois c'était il y a trois semaines, elle est venue me rejoindre à poil sans que je ne demande rien et je me suis interrompu en cours de route parce qu'elle pleurait. On a failli baiser le week end dernier je crois, elle a émis à mots couverts la possibilité d'écarter les cuisses à condition que je ne sois pas trop entreprenant et face à mon manque d'enthousiasme ne m'a même pas rejoint au lit.

mercredi 7 octobre 2009

Flottement

Et avec ta femme, ça va mieux ?

Oui, plutôt bien.

C'est bien.

Ou presque. Entre nous, ça va mieux, dans la mesure où il semblerait que je ne l'insupporte plus assez pour qu'elle me tire la tronche, ni ne me reproche ouvertement quoi que ce soit - il faut dire que je fais pas mal d'efforts. Elle, par contre, va toujours aussi mal, voire pire encore si je l'en crois.

Et je sature. Je n'en peux plus. Je suis moralement épuisé. Pris individuellement, ses monologues plaintifs sont tout à fait justifiés, rationnels et sensés. Mais leur litanie les fait se confondre dans un bruit de fond inintelligible.

Aussitôt passé la porte d'entrée, je me jette sur une première bière et les enchaîne ainsi jusqu'au niveau de semi-ébriété, de flottement qui me permettra de rester serein. Comme lorsque je suis dans mon bain, les oreilles sous l'eau, et que je perçois vaguement le murmure de l'immeuble et de la ville, les yeux clos et le poids de mon corps réduit de celui de l'eau qu'il déplace (Archimède, mon amour).

Je sais qu'il ne faudrait pas, il n'y a aucune raison qui fasse que cela arrive justement maintenant, je ne me sens même plus particulièrement frustré (c'est même à peine si je me masturbe), simplement, je décroche.

lundi 5 octobre 2009

Madame m'a dit

Tu sais que ça n'ira jamais bien. J'ai répondu que si, je l'espérais toujours. Je me suis retenu d'ajouter que sinon je serais parti.

lundi 21 septembre 2009

Puzzle

Voilà, j'ai finalement posté un billet très intime (mais pas Q) sur mon premier blog perso, quasiment à l'abandon depuis des années... Envie (besoin ?) de recoller un peu les morceaux de ma schizophrénie... même si bien sûr il y a des choses que je ne pourrai jamais poster là-bas...

D'ailleurs... il y a des choses que je n'ai jamais posté ici non plus...

Que taire, que dire, et à qui...

mercredi 9 septembre 2009

Hiérarchie

n'est pas tromper :

  1. flirter, séduire, faire les doux yeux
  2. danser en se frottant à son cavalier
  3. embrasser tant que c'est suffisamment décent pour se passer en public
  4. répondre à des messages coquins en jouant volontairement sur l'ambiguïté
  5. s'exhiber devant un écran ou tout ce qui pourrait relever du sexe virtuel
  6. aller voir une prostituée
  7. avoir une relation sexuelle avec une autre personne une heure après une rupture qui s'avérera probablement très temporaire
  8. faire quoi que ce soit avec l'accord explicite de l'autre

n'est pas très grave :

  1. coucher avec une inconnue quand on est saoul
  2. coucher avec une personne du même sexe
  3. coucher avec quelqu'un parce que l'autre est absent pendant 3 mois et qu'on n'en peut plus

est grave :

  1. avoir une autre vie secrète en parallèle
  2. coucher plusieurs fois avec un(e) ami(e) de son(sa) partenaire
  3. dormir toute une nuit et prendre le petit déjeuner avec un "coup d'un soir"
  4. coucher avec un(e) sosie de son(sa) partenaire
  5. tomber amoureux(se) d'un(e) autre
  6. consacrer plus d'énergie à coucher à gauche et à droite qu'à donner du plaisir à son (sa) partenaire
  7. ne pas se protéger correctement quand on va voir ailleurs
  8. se faire passer pour un ange alors qu'on est tout le contraire

-- Sophie S, née avec le punk

Bilan : 3-5; 3; et 1 mais tout à fait virtuellement. Je suis un ange. Ah ben non, 8 aussi alors.

lundi 7 septembre 2009

La queue entre les jambes

Préliminaires qui tournent court, elle n'est pas d'humeur et me dit d'aller à l'essentiel. Je lui dis que si elle n'a pas envie je préfère encore ne rien faire. On ne fait rien.

La chaleur qui monte, envie de casser quelque chose, de me rhabiller et de sortir, de passer la nuit dehors. Je bous intérieurement, je suis blessé encore une fois et me méprise d'être aussi pitoyable à hauteur de son dédain pour le devoir conjugal, qui est sans doute exactement la façon dont elle entrevoit la nécessité d'écarter les cuisses à fréquence variable.

Je me sers un grand verre d'alcool, un deuxième. Me recouche. Me relève. Allume l'ordinateur, mets un casque et vais direct mater quelques vidéos de cul en m'astiquant à quelques mètres d'elle. Je ne sais pas si elle dort, je m'en fous. Je vais me finir dans les chiottes, me recouche.

C'est pas qu'elle écarte pas les cuisses. C'est pas qu'elle le fasse sans entrain. C'est que je baise pour deux depuis trop longtemps.

Ce soir et les suivants, je vais passer directement à la phase picole, et on augmente les doses.

mercredi 2 septembre 2009

La pression monte

...avec la reprise imminente de son travail après un très long arrêt. Crise de panique et de pleurs hier soir devant les enfants parce qu'elle se rend compte qu'elle ne pourra pas mener de front son emploi du temps hyper chargé : travail, enfants, études, psychothérapie sans parler de la maison que son connard de mari ne tient pas, ou si peu. (Et de toutes façons jamais comme elle le ferait).

Ou quand son perfectionnisme et son hyperactivité rencontrent le principe de réalité. Vouloir tout réussir en même temps et se décevoir soi même parce qu'on place la barre trop haut.

J'ai suggéré de laisser caneton n°1 à l'étude le soir pour lui dégager du temps et bien sûr elle refuse, ça lui renvoie l'image d'une mère indigne qui se débarrasse de ses gosses. J'ai du mal à lui faire comprendre qu'il est probablement plus toxique pour eux de voir leur mère dans cet état que de se taper des journées à rallonge. Je parle en connaissance de cause.

L'autre solution étant bien sûr que je la décharge plus mais j'ai de bonnes excuses, notamment ma paresse et mon inefficacité monumentales.

vendredi 28 août 2009

Gros coup de mou

Une semaine que j'ai repris le travail après de longues vacances, et je n'ai presque pas avancé. Je n'arrive pas à m'y remettre, je tourne en rond, je rafraichis compulsivement gmail, twitter, facebook, tumblr et compagnie... impossible de me concentrer sur mon boulot.

Je crois que j'ai développé une addiction à cette personnalité de rechange, comme une forme légère de mythomanie ou schizophrénie, une fuite de la réalité qui n'est pourtant pas si désagréable, il y a eu des périodes bien plus difficiles.

Je crois que c'est moi que j'ai du mal à supporter, en fait. A plus de trente ans la seule chose dont je puisse être fier ce sont mes filles, et bien évidemment c'est totalement immérité. J'ai un boulot qui me plait dans l'ensemble mais je stagne dans un poste mal payé et instable parce que j'y suis tranquille. J'ai toujours trente-six projets sur le feu et je suis incapable d'en finir un seul. La femme de ma vie me donne le sentiment d'être un boulet inutile et je me suis brouillé avec 90% de ma famille, sans parler des amis que je ne vois plus et avec qui je n'ai d'ailleurs plus grand chose à échanger.

Le meilleur moment de la journée c'est quand je regarde une série à la télé un verre à la main, peinard et décérébré.

lundi 13 juillet 2009

un billet à écrire

et je ne sais pas sur quel blog le publier... pour qui le publier. Ici ou sur mon autre blog personnel, officiel mais sans lecteurs...

La schizophrénie, c'est pas si facile. Mon sens d'araignée me fait maintenir une séparation relativement stricte et je suis pourtant moi ici comme ailleurs.

Reçu mon meilleur ami de lycée et de fac et sa femme vendredi, on n'a plus grand chose à se dire qui sorte du boulot - on fait à peu près le même métier. A force de se fréquenter en couple il y a des choses dont on ne peut plus parler librement.

Je suis comme un gamin, j'ai des amis imaginaires sur internet qui sont tellement mieux que les vrais - en plus ils coûtent pas cher en pizzas.

Je ne me sens pas coupable

...du moins de l'avoir trompée. Je me sentais mal à l'aise en le faisant, et c'est pour ça que j'ai arreté; mais depuis je n'ai pas de remords.

Et pourtant je suis un coupable idéal, le sentiment de culpabilité est un de ceux que je ressens le mieux. Je me sens coupable de la dépression de ma femme et surtout de mon incapacité à l'en sortir.

Un peu comme avec ma mère, en somme.

Mais de l'avoir trompée, d'en avoir baisée une autre en cachette, non. Faut dire que j'avais d'assez bonnes excuses à lui sortir si d'aventure elle était venue à le savoir. Mais non.

Maintenant, moins (on baise à nouveau).

lundi 30 mars 2009

Révérence

Journée shopping, ses préliminaires à elle.

Tard hier soir, après que bébé se soit enfin endormie dans ses bras, elle est venue se coucher nue. Je me suis déshabillé, je me suis allongé contre elle. Je lui ai massé de nouveau la nuque, puis le dos. Mes mains ont de nouveau parcouru sa peau.

J'avais à peine effleuré son sexe que ses cuisses se refermaient : elle avait déjà joui. Je me suis enfoui en elle, doucement, puis moins doucement. J'ai passé mon bras sous sa nuque, passé une main sous sa cuisse, pris sa fesse. Elle m'a sussuré ses soupirs d'encouragement et j'ai très vite joui à mon tour de son corps offert, à nouveau.

Je me suis retiré, elle a pleuré. Tout allait bien pourtant, simplement la tension qui se relâche après l'orgasme, m'a t'elle dit. Quelques minutes d'effusion, puis bébé s'est mise à pleurer et je me suis tourné vers le berceau. Bébé s'est rendormie une mèche de mes cheveux serrée dans son petit poing.

Cela fait longtemps que je n'ai plus la colère, l'amertume, la rancoeur qui demandaient à être déversées et qui ont fait naître ce blog. Ca m'a fait du bien. J'ai retrouvé l'envie d'utiliser mon énergie de manière plus constructive.

Merci à toutes pour vos conseils, vos avis, vos critiques et vos lectures silencieuses. J'ai été bien plus lu et soutenu que je ne l'aurai pensé.

Merci à celles qui ont joué avec moi, à faire de nos vices un passe-temps partagé.

Merci à celle qui a décidé qu'elle voulait de moi, qui m'a choisi pour être son amant. Sans le vouloir sans doute, sans le savoir peut-être, elle a été la plus efficace des infirmières de ma libido. Trop efficace sans doute, à peine quelques heures dans ses bras ont suffi à me remettre sur pied. Je crains de mon coté d'être loin de lui avoir donné tout ce qu'elle désirait, j'ai pris bien plus que je n'ai donné, je sais.

Je n'écrirai plus ici, du moins je l'espère.

(Canard Mécanique se lève derrière son bureau, raide et gauche, prononce un inaudible Au revoir et se dirige vers la porte.)

lundi 23 mars 2009

Votre correspondant n'est pas joignable actuellement...

...il est trop occupé à jouer l'employé, mari et père modèle. Le tout entrecoupé de quelques escapades un peu (hum) plus sulfureuses. Non seulement c'est tout à fait jubilatoire, mais ça rend tout le reste beaucoup plus appréciable.

J'ai passé un très bon week end, sorties en famille, musées, parc et balades en poussette dans un quartier de paris que je connaissais mal (comme 90% de la ville malgré que j'y habite depuis plus de dix ans).

je bosse avec entrain et j'ai même orienté le projet principal sur lequel je travaille dans la direction que je souhaitais, ce qui en plus d'être une excellente idée et la direction que nous aurions déjà du prendre il y a quelques années, va être très intéressant à mettre en oeuvre. En plus de cela on m'appelle encore pour me débaucher.

Et comme c'est lundi :

jeudi 12 février 2009

I'm so nerd

Déjà, je suis super myope donc avec des vraies culs de bouteille sur le nez. Pas encore obèse mais si je continue à me venger de ma frustration sur la bouffe et l'alcool ça ne va plus tarder.

Mais surtout, je suis de plus en plus asocial. Les interactions directes me deviennent pénibles et laborieuses. Communiquer en face-à-face ou même par téléphone est presque une corvée, une situation surréaliste, étrangère. Je ne sais pas faire.

Alors que sur internet je peux écrire à poil ! à une femme que je ne connais pas et avec qui je n'échange que depuis quelques heures. Je peux passer des heures à discuter et blaguer, faire le beau, à l'aise comme un poisson dans l'eau poiton dans le bassin de refroidissement de Superphénix.

jeudi 5 février 2009

Le complexe de l'imposteur

Mais ils vont se rendre compte. Ils vont s’apercevoir que tu bluffes. Que tu es nulle. Ca va se voir. Un jour. Comme là, au lit. Ca va se voir. C’est une tache d’huile dans ta vie. Tu le sais, tout au fond de toi. Tu n’es pas cette femme-là. Tu n’es pas à la hauteur. Tu ne le dis pas, mais tu le sais. Evidemment, tu es résolue à donner le change, aussi longtemps que tu le pourras. Mais tu le sais, toi, que tu es en sursis.

Imposteur. Imposteur. Imposteur. Imposteur. Imposteur. Imposteur. Imposteur. Imposteur.

-- La Peste, Post-coïtum animal triste

Ma dernière partie de baise est trop ancienne pour que je puisse l'analyser mais...

Moi c'est pas pour le cul. C'est en tant qu'être humain que je me sens un imposteur. Que je me demande ce que je fous là. C'est moi qui suis un extra-terrestre ou ce sont tous les autres ?

Parce que j'ai parfois vraiment l'impression de ne pas être fait sur le même modèle, d'avoir de sérieux défauts de fabrication. De ne rien ressentir alors que je devrais. D'analyser à froid des choses qui sont en train de se dérouler. Ou au contraire de ne rien comprendre à ce qui se passe.

Il y a quelques semaines, je suis allé enterrer ma grand-mère, grand mère chez qui nous avons vécu avec ma mère et qui nous nourrissait les soirs où cette dernière était trop bourrée pour y penser. Avec qui donc j'avais probablement plus de liens que la majorité des membres de la nombreuse famille présente. J'ai été le seul à ne pas pleurer. Pas une seule larme alors que tout le monde sanglotait à qui mieux mieux, y compris mon père et mes oncles (spectacle assez étrange, un peu pitoyable).

Cet après midi là, comme un con, j'ai été lui montrer des photos de sa petite fille sur mon téléphone portable. Il a regardé vite fait et s'est barré. Là c'est moi qui me suis senti pitoyable.

Dans le train de banlieue que j'avais pris pour venir, je me souviens avoir contemplé tous ces immeubles, ces barres de HLM et ces pavillons de banlieue en me disant que nous étions vraiment trop nombreux sur cette planète.

(billet commencé en commentaire chez La Peste, puis fini ici parce que je m'apprêtais à en faire une tartine et polluer son blog avec mon ego)

lundi 12 janvier 2009

Bilan 2008

Allez, on fait comme Comme une image, on se penche pour ramasser la savonnette sur l'année passée.

  • L'année a commencé par la conception plutôt laborieuse de mon deuxième enfant. Laborieuse parce que même pour enfanter, on a eu du mal à se forcer à baiser. Notre couple battait de l'aile et nous faisions cet enfant non pas pour le ressouder, mais pour que notre fille ne reste pas enfant unique. Parce que malgré tout, il était impensable qu'on se sépare. Le test de grossesse positif a été suivi de quatre mois d'abstinence.
  • Je me suis refermé comme une huître, comme toujours quand ça ne va pas. Madame m'a dit qu'il serait peut être temps que je voie un psy plutôt que d'être insupportable avec elles. J'ai acquiescé, mais quand j'y repense j'ai un sourire ironique qui me remonte le coin des lèvres. Plus insupportable qu'elle ?
  • J'ai commencé à me libérer en ouvrant ce blog. J'avais trop de rage et de rancoeur accumulées pour patienter jusqu'à mon premier rendez-vous. Lequel était plutôt positif, ma psy est bien plus chouette que le précédent, un vieux barbon qui ne parlait pas et se contentait de remuer sa sandale dans ses chaussettes sous mon nez pour me faire signe de continuer.
  • Sous cette identité, je me suis baladé sur le net, forums et blogs, j'ai commencé à tisser des liens, des correspondances. Ca m'a permis de parler de ce dont je n'ose pas parler à mes amis qui sont aussi les siens; qui sont surtout les siens.
  • J'ai failli perdre mon boulot (mais je ne le savais pas alors) à cause de mon collègue caractériel et bien moins compétent qu'il ne le pense, et qui a failli faire virer tout le monde par exaspération. Mais j'ai au contraire impressionné mon nouveau boss et gagné la reconduction de mon contrat avec une augmentation à la clef. Yeah.
  • Je me suis (re)mis à écrire des textes de cul. Et j'ai découvert le sexe virtuel : ça y est, on est dans le futur. Les voitures volantes, c'est has been.
  • Ma deuxième fille est née. Je l'aime d'amour, mais quand je vois les dégâts sur notre couple, notre ainée et notre quotidien, je me dis parfois qu'on aurait mieux fait de s'abstenir.
  • J'ai l'impression de faire un voyage immobile, ma vie coule comme un fleuve paresseux le long de son lit et moi je fais l'école buissonnière en pique-niquant sur le bord.

- page 1 de 5