Quelquefois je rentre le soir et elle est crevée, sur les nerfs, elle se décharge sur moi et les enfants de cette tension accumulée, elle n'en peut plus, elle en a marre, tout ça ne nous fait pas du bien. Je ne dis pas grand chose, j'acquiesce, je fais le dos rond et j'attends que le calme soit revenu, je pense à un autre espace-temps où je caressais une peau douce.

Quelquefois je rentre et elle est de bonne humeur, m'accueille avec le sourire et je souris aussi, je suis content de la voir comme ça, de retrouver les enfants qui courent vers moi, je les attrape, les prends dans mes bras, elle me raconte sa journée, je l'écoute et je ne dis pas grand chose non plus, moi, la routine, et puis c'est compliqué, pas très intéressant. Et quand le soir vient je pense à une autre, comment je la prendrais contre moi pour respirer ses cheveux, comment je glisserais ma main entre ses cuisses.

La maman et la putain, deux femmes différentes, ce n'est pas comme ça que je voyais les choses, ce n'est pas grave, je prends quand même. Ca ne durera pas, mais pour l'instant je suis bien, ça me donne même envie de faire des choses, et pas uniquement sexuelles, c'est dire si je suis comblé.